Hélène Lamothe

 
« Il faudrait que chaque assassin ait droit à sa corde dans sa cellule… »
 

De dire Pierre-Hugues Boisvenu… qui essaie de se rétracter en disant avoir erré mais a confirmé à l’émission de Paul Arcand, au 98,5 FM, qu’il le pensait vraiment.

 

Il a effectivement le droit de le penser… ses pensées profondes lui appartiennent.  Toutefois, cette phrase prononcée dans ses fonctions de sénateur,  je ne suis pas persuadée que c’est acceptable.

 

On peut comprendre qu’il soit toujours marqué par les décès de ses filles,  l’une assassinée par un récidiviste… et l’autre, décédée dans un accident de la route.

 

On peut comprendre que sa douleur soit présente, intense et qu’elle fasse partie de sa vie, malheureusement…

 

On peut comprendre que sa réalité soit sa première préoccupation…

 

On peut comprendre beaucoup de choses, si on part de son vécu….

 

Toutefois, s’il ne peut faire une différence dans sa vie privée et dans son travail et qu’il utilise sa « haine » comme arme pour régler ses comptes dans l’espoir de diminuer sa douleur… et sème, se faisant, une campagne favorisant le « suicide » par ricochet… là il dérape, n’en déplaise aux bien-pensants qui voient chez cet homme plus la victime que le sénateur.

 

Être victime n’est et ne devrait pas être le premier critère pour défendre une cause… ni pour se permettre de régler ses comptes – avec l’approbation de la société – en utilisant – à mauvais escients – ses émotions et ceux des autres comme arme pour une vengeance assurée.

 

Le dérapage de M. Boisvenu signifie qu’il doit prendre le temps qu’il faut pour régler ses problèmes personnels et ne pas utiliser la « place publique » pour créer un climat malsain, basé sur l’esprit de vengeance destructeur qui semble l’habiter.

 

La portée de ses paroles – surtout dans le cadre de son poste de sénateur -  n’est pas sans signification et sans conséquence et ne doit pas être prise à la légère !...

 
L'intimidation jusqu'en cour...

Martine Turenne et Jean-Marc Gilbert/Journal de Montréal

 

La famille d'une jeune fille victime d'intimidation poursuit celle de son présumé harceleur pour la somme de 215 000 $, dans une rare cause du genre au Québec.

 

La jeune fille était sportive, elle pratiquait la natation de compétition et jouait au soccer. Aujourd'hui, l'adolescente aurait développé une phobie du ballon, ne pourrait plus faire de la compétition, serait affectée psychologiquement et souffrirait « d'innombrables préjudices ».

 

La poursuite civile survient à un moment où le Québec, encore sous le choc du suicide de la jeune Marjorie Raymond en novembre, en Gaspésie, a mis sur pied une série de mesures pour contrer l'intimidation.

 

Insultée et bousculée

 

Les faits incriminés se seraient déroulés dans une école secondaire privée de la région montréalaise.

 

Dès le début de l'année scolaire, en septembre 2008, l'adolescente, alors âgée de 14 ans, aurait été prise à partie par un camarade de classe : insultes, humiliations et moqueries étaient infligées quasi quotidiennement.

 

Mais la situation aurait dégénéré en février, selon la poursuite.

 

Le garçon au coeur de la poursuite lui aurait administré un croc-en-jambe alors qu'elle se déplaçait en classe. L'adolescente est tombée et s'est blessée au visage, selon la requête déposée la semaine passée.

 

Le jeune homme aurait rédigé une lettre d'excuses le jour même. Mais il aurait poursuivi « ses quolibets jusqu'à la fin de l'année scolaire, alors qu'il a été forcé de quitter le collège », explique la requête.

 

Douleurs

 

En plus de douleurs physiques occasionnées par divers traitements qu'elle a dû subir à la suite de cette chute, l'étudiante « a souffert et continue de souffrir d'innombrables préjudices ».

 

Pour l'atteinte à son équilibre émotionnel, la mère de l'adolescente réclame 100 000 $ en guise de réparation.

 

Elle demande également une compensation de 85 000 $ « pour les déboursés présents et futurs » ainsi que 25 000 $ en dommages et intérêts punitifs, et enfin 5000 $ pour divers déboursés.

 

L'avocat de la famille, Me Réal Le Blanc, croit que cette poursuite, aussi peu commune fusse-t-elle, « devrait être traitée avec tout le sérieux qu'elle mérite ».

 

La famille du jeune homme ne pouvait pas être contactée pour commentaires et elle n'a pas déposé de défense en cour jusqu'ici.

  

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«Ce qu'ils ont dit ... »

 

«Il y a un vide juridique lorsqu'il est question de harcèlement. Les poursuites pourraient devenir plus courantes. Mais j'espère que les cas d'intimidation se régleront à l'école, et non pas devant les tribunaux. » - Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy

 

«À vue de nez, je crois qu'il y aura de plus en plus de cas d'intimidation devant les tribunaux. On devient intolérant face à ces situations et les parents connaissent mieux leurs conséquences. » - Chantal Longpré présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements

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